Elle remonte le store, comme chaque matin,
Comme depuis toujours,
C’est juste l’aurore, un vent de parfums,
L’enveloppe et l’entoure.
Par ces fleurs de lys, souvenir d'un temps,
Où elle était belle,
Une cicatrice, enfouie en dedans,
L'a rendue rebelle …
Elle remonte le temps, parmi les senteurs,
Comme à chaque jour,
Les années passant, jusqu’aux premières heures
Histoire sans recours.
Comme ce doux lilas, qu'un homme achetait,
À chaque semaine - Elle n'entendait pas, qu'il lui murmurait,
De discrets "je t'aime",
Elle a seul’ment vendu des fleurs,
Pour les larmes ou l’amitié,
Elle a seul'ment vendu des fleurs,
La plus belle arme, qu'on doit porter,
Elle a souvent fondu en pleurs,
Dans la prairie d’une vie fanée,
Elle a seul'ment vendu des fleurs,
Elle, qui n'en recevait jamais ...
Elle abaisse le store, comme à chaque soir,
Comme depuis toujours,
Le soleil dehors s’éclipse et s’égare,
C’est la fin du jour,
Elle pense dans son lit que sa vie est comme
Un bouquet amer,
Elle bouture sa vie, effeuille les hommes
Ses joies éphémères ...
Chaque nuit passée, son âme se fissure,
Alors elle frissonne,
Toutes ces années, ne sont que brisures,
Sans croire en personne.
Le store s’est figé un soir de printemps,
Un triste voyage. - Un homme a laissé un lilas tout blanc
Contre le grillage.
Elle a seul’ment vendu des fleurs,
Pour les larmes ou l’amitié,
Elle a seul'ment vendu des fleurs,
La plus belle arme, qu'on doit porter,
Elle a souvent fondu en pleurs,
Dans la prairie d’une vie fanée,
Elle a seul'ment vendu des fleurs,
Elle, qui n'en recevait jamais ...
La fleuriste : Vos impressions
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